Lala Meita, La renaissance d’une serial entrepreneure

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Lala Meita Soumahoro est une dame qui en a vu des vertes et des pas mûres dans sa vie personnelle et professionnelle.

Devenue entrepreneure à l’age de 17 ans, Lala a connu une période difficile qui lui a fait perdre beaucoup en terme de niveau de vie.

En effet, passer de directrice générale à personne sans emploi, à charge de ses parents à été l’une des épreuves les plus douleureuses pour Lala. Cependant, cette entrepreneure née a su rebondir et s’est armée de courage pour aller de l’avant.

De retour d’exil après 7 années, Lala dirige aujourd’hui 5 entreprises en Côte d’Ivoire.

Découvrons ensemble l’histoire palpitante de notre invitée du jour.

Présentez-vous et parlez-nous de votre parcours

Je suis Lala Méïta Soumahoro, Chef d’entreprise, blogueuse et mère de deux supers garçons, Élie et Liam.

Mon parcours est long et tortueux, mais je peux dire avec fierté que j’ai embrassé tous les métiers dans la chaîne de valeurs de mes entreprises. J’ai débuté ma vie d’entrepreneure à l’âge de 17 ans par la création de deux salles de jeux parce que je suis moi-même une “gamer”. Trois ans plus tard, lorsque j’étais en deuxième année d’université, mon entreprise de communication et de marketing politique voyait le jour.

Dans le courant de l’année 2010, j’ai organisé avec mon équipe le concert du groupe Sexion d’Assaut puis je me suis retrouvée au chômage. Je suis passée du statut enviable de Directrice Générale à celui d’une personne sans emploi. J’ai été obligée de retourner vivre chez ses parents. Aussi, la guerre m’a poussé à l’exil pendant 7 ans. Ce fût une épreuve pénible. Comme dans toute épreuve, il est possible de se retrouver, de surmonter ses peurs qui empêchent d’avancer et de penser à l’avenir. Je me suis donc inscrite à la City and Guilds de Londres, pour apprendre la cosmétologie. Après l’obtention de mon diplôme, j’ai décroché un emploi de maquilleuse professionnelle au Cameroun où j’ai exercé pendant 2 ans et me suis envolée par la suite pour le Bénin où j’ai occupé le poste de Chef de projet dans une régie puis dans une agence événementielle.

L’année 2017 a marqué la fin de mon exil puisque j’ai regagné Abidjan et intégré une agence de publicité bien connue, dans le top 5, en tant que directrice de clientèle. J’ai démissionné en janvier 2018 pour relancer mes entreprises, que j’ai pris le temps de préparer pendant un an.

Quelles motivations vous ont poussé à vous lancer dans l’entrepreneuriat ?

L’entrepreneuriat est inné chez moi et grâce à l’éducation reçue de mon père, mon profil a pu se révéler. Je crois même que je l’aime autant que j’aime Dieu et la politique.(rire)

Présentez – nous votre entreprise

Je possède plusieurs petites et moyennes entreprises qui, je l’espère, pourront très bientôt se hisser dans le top 10 des entreprises ivoiriennes.

Passionnée de l’artisanat, j’ai créé WINH, une marque de liqueur de fruits de luxe à base de koutoukou et de fruits élaborés minutieusement. Je donne de la valeur à tout ce que je fais et surtout j’y prends du plaisir.

Par ailleurs, cuisiner en grande quantité et en qualité est un héritage de ma mère. Aussi, concocter des plats me procure une joie exaltante. Le désir de partager et de faire bénéficier mes talents culinaires à plusieurs personnes m’a conduit à Créer C’RIB & CHILL, l’activité la plus rentable à ce jour.

Ma troisième entreprise, ABONOUAN, est une marque de légumes frais réfrigérés, déjà pelés et coupés de bonne qualité nutritionnelle. Elle est conçue pour permettre aux personnes pas fortiche en cuisine de se réaliser des plats simplement. L’objectif est de réduire l’effort du client en cuisine.

Dans cet océan entrepreneurial, ma plus grande entreprise reste mes enfants. J’affirme qu’être parent est l’une des plus belles aventures de la vie, et comme toute aventure, le chemin peut être parsemé d’épuisement, de stress, de doutes, etc. J’ai donc crée le blog dénommé AFRICANMUTTI sur la parentalité. Il n’existe pas de mode d’emploi préétabli pour l’éducation d’un enfant, c’est pourquoi personne ne peut être jugé pour la différence qui peut exister dans sa méthode d’éducation.  A travers ce blog, Je partage avec mes lecteurs, des astuces et conseils pour vivre leur vie de parents plus sereinement. Cool parents (not too cool non plus ) make happy kids !

Dans votre activité, quels sont les défis auxquels vous faites face ?

La trésorerie, les paiements des clients, le recouvrement. Le manque de confiance et l’hypocrisie entre homologues entrepreneurs. Survivre dans le monde de l’entrepreneuriat en Côte d’Ivoire, c’est comme être dans un océan de requins, et décider de devenir le petit poisson le plus dangereux pour survivre… le Piranha. Aussi le manque de professionnalisme, le non-respect des délais, les excuses interminables, etc.

Comment vous organisez – vous pour allier vie de famille et vie professionnelle ?

Les premières années après la naissance de mon premier fils ont été éprouvantes pour moi parce que j’étais une mère célibataire. La grossesse de mon second enfant Liam a été pire parce que je devais fournir plus d’efforts car il me fallait travailler d’arrache-pied pour financer mes entreprises qui peinaient à démarrer. Cependant aujourd’hui, avec mon conjoint, nous connaissons la stabilité à tous les niveaux. Nous planifions des moments rien que pour nous après avoir confié les enfants à leur grands-parents ou à leurs oncles et tantes . L’un des aspects de ma vie d’entrepreneure que j’apprécie est de pourvoir travailler à domicile.

Dans votre vie d’entrepreneure, quels sont les difficultés que vous rencontrez le plus souvent ? Comment vous en sortez-vous ?

La plus grande difficulté est d’arriver à régler les salaires de mes collaborateurs toujours dans les délais. Le manque de liquidité pour honorer mes engagements me laisse dans un état de stress intense, mais, je suis une croyante et je sais me tourner résolument vers mon Dieu par la prière quand je suis en proie aux incertitudes. Et, croyez-moi, ça marche. Je trouve toujours une solution. La sérénité est le maître mot de mon existence professionnelle. Je m’applique vraiment à trouver des solutions à froid.

Quelle est la phrase que vous vous répétez quand vient le découragement ?

« Tu ne peux pas te permettre d’échouer. Tu n’as pas le droit. Regarde ceux qui comptent sur toi. Échouer est un luxe que tu n’as pas, ma fille. »

Que pensez-vous de l’entrepreneuriat féminin en Afrique et surtout en Côte-d’Ivoire ?

Il faut préciser que les femmes ont toujours été présentes dans l’entrepreneuriat bien vrai qu’elles ne soient pas en grand nombre. Mais aujourd’hui, force est de constater que l’écart numérique entre les hommes et les femmes entrepreneures régresse. Je suis régulièrement sollicitée par des jeunes dames pour le montage de leurs projets et je le fais avec un plaisir renouvelé. Enfin, la solidarité féminine prend de l’ampleur. Dans la sphère entrepreneuriale ivoirienne, J’admire particulièrement Madame Janine Diagou, qui s’assume entièrement en tant que mère, célibataire, femme leader et en tant que femme tout court.

Quels sont vos conseils à l’endroit de toutes les femmes ou jeunes filles qui souhaitent se lancer dans l’entrepreneuriat ?

Foncez, mais avec stratégie. Organisez-vous, entourez-vous, n’ayez pas peur de défendre vos idées et ACCROCHEZ-VOUS à vos rêves

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  • Site web : www.africanmutti.com
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  • Twitter : @solamerebirth
  • Instagram : Lala_Meita

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